Questions et réponses - Hommes ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme

Non. Tout homme qui répond par l’affirmative à la question « Depuis 1977, avez-vous eu une relation sexuelle avec un homme, même une seule fois? » est exclu du don de sang sur une base permanente.

Ce critère de sélection au don de sang a été ajouté au début des années 1980 dans la plupart des pays industrialisés lorsque les relations sexuelles entre hommes sont apparues comme un mode important de transmission du VIH et que les techniques de détection du virus n’étaient pas disponibles.

Oui, dans la mesure où ces donneuses rencontrent les autres critères de qualification. Voir le Dossier du don de sang. 

Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes sont davantage à risque pour le VIH par rapport à la population générale. Encore aujourd’hui, la fréquence d'infection au VIH est beaucoup plus élevée chez les homosexuels que dans la population générale. La prévalence du VIH se situe à plus de 10 % chez ce groupe par rapport à bien moins de 1 % chez les hétérosexuels ou les lesbiennes.

Oui, chaque don de sang est testé et qualifié. Pour en savoir plus : mesures de sécurité.

Rappelons que les relations sexuelles peuvent contribuer à la propagation des virus transmissibles à d’autres personnes par transfusion. Héma-Québec utilise une gamme de tests de dépistage de haute précision. Toutefois, malgré la bonne performance de ces tests, le risque de ne pas détecter un don de sang infecté, si minime soit-il, n’est pas nul, en raison de la limite de la sensibilité des tests. C'est ce qui explique que nous interdisons des donneurs à haut risque d'infection transmissible par le sang, malgré l'utilisation des tests de dépistage.

 
Il existe en effet une période à risque (appelée « période silencieuse » ou « période fenêtre ») au cours de laquelle, même si une personne se sent bien et qu’un test de dépistage du VIH et des hépatites B et C s’avère négatif, cette personne est infectée et peut transmettre ces virus à une personne qui recevra son sang.

Héma-Québec est en faveur, sur la base des données scientifiques récentes et les progrès accomplis en matière de sécurité transfusionnelle, d’une levée de l’interdiction permanente actuellement en vigueur et d’appliquer plutôt une période d’interdiction temporaire de 5 ans aux hommes ayant ou ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme.  

La sécurité du système d’approvisionnement en sang est primordiale. La commission d’enquête sur l’approvisionnement en sang au Canada, tenue à la suite du scandale sur le sang contaminé, avait recommandé que le principe de sécurité prime sur les autres principes et politiques. Une réalité inhérente à un système d’approvisionnement en sang est l’émergence possible — à tout moment — de nouveaux pathogènes (i.e. virus, bactérie) transmissibles par le sang. Une telle situation impose le développement et le déploiement de nouveaux tests de dépistage pour les dons de sang. Cette démarche nécessite du temps et Héma-Québec estime qu’une période de 5 ans serait suffisante pour faire face à une telle situation.

C’est Santé Canada qui détermine les normes nationales que doit appliquer Héma-Québec. Héma-Québec ne peut pas modifier unilatéralement les critères qui sont appliqués pour assurer la sécurité du sang, incluant la question posée aux hommes au sujet de leurs contacts sexuels avec un ou d’autres hommes.

À ce jour, la position de Santé Canada est de maintenir l’exclusion à vie des hommes ayant ou ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme.

Toutefois, Héma-Québec a soumis en décembre 2012 une demande à Santé Canada permettant de réduire la période d’interdiction à cinq (5) ans. Comme c'est le cas pour tout changement impliquant la sécurité des produits sanguins, il faudra compter plusieurs mois avant d'obtenir une réponse à cette demande. Dans l'éventualité d'une réponse favorable de Santé Canada, et seulement à cette condition, Héma-Québec pourra alors procéder à un tel changement. Dans l'intervalle, la politique actuelle continuera de s'appliquer intégralement.