Nouvelle variante de la maladie de Creutzfelt-Jacob - HÉMA-QUÉBEC examine les solutions pour l'exclusion éventuelle de donneurs ayant séjourné au Royaume-Uni

VILLE SAINT-LAURENT, 5 mai 1999 - Depuis février 1999, HÉMA-QUÉBEC procède à une série de consultations sur la recherche d'une solution sécuritaire relative à l'exclusion de certains donneurs ayant séjourné au Royaume-Uni depuis 1980. Cela afin de prévenir le risque encore théorique, mais néanmoins potentiel, de la transmission de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfelt-Jacob.

"A ce jour, nous avons consulté le Comité d'hémovigilance, le Comité consultatif de la sécurité à HÉMA-QUÉBEC, l'Association des bénévoles du don de sang ainsi que notre Conseil d'administration", a déclaré le docteur Francine Décary, directeur général d'HÉMA- QUÉBEC. "Les deux facteurs devant encadrer le processus décisionnel sont la sécurité des produits sanguins et le maintien de la réserve de sang à un niveau adéquat pour répondre aux besoins des patients dans les hôpitaux."

Dans une lettre adressée hier à HÉMA-QUÉBEC et à la Société canadienne du sang, le Bureau des produits biologiques et radiopharmaceutiques de Santé Canada leur demande de procéder à la recherche d'une solution conjointe sur les modalités des mesures d'exclusion des donneurs, d'ici le 10 juin prochain.

"Nous sommes prêts à travailler immédiatement, de concert avec la Société canadienne du sang, à la recherche d'une solution conjointe", a ajouté le Dr Décary. Des discussions sur le sujet se dérouleront lors du forum du Conseil national sur la sûreté de sang, qui se tiendra à Vancouver, les 6 et 7 mai prochains.

Le 15 octobre 1998, le Comité consultatif en bioéthique de la compagnie Bayer recommandait l'exclusion des donneurs qui avaient séjourné depuis 1980 en zone à risque élevé de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfelt-Jacob. Par la suite, le 27 octobre 1998, le Laboratoire de lutte contre les maladies de Santé Canada demandait à HÉMA-QUÉBEC et à la Société canadienne de sang de mesurer l'impact que pourraient avoir des mesures d'exclusion sur leur réserve de sang. "HÉMA-QUÉBEC a mesuré le risque de mesures d'exclusion sur sa réserve de sang par l'intermédiaire d'un sondage auprès de 5 000 de ses donneurs, en janvier 1999. Il en résulte que, depuis 1980, 13 % des répondants ont séjourné au moins une journée au Royaume-Uni et 25 %, en France+, a précisé le docteur Marc Germain, épidémiologiste d'HÉMA-QUÉBEC.

Gérer le risque, une leçon du rapport Krever
Le rapport Krever recommande aux organismes responsables de la gestion du sang d'agir avec prudence en matière de sécurité. Dans la partie VI de son rapport, chapitre 40, section 2 e), le juge Krever soulève plusieurs points d'intérêt :

"Il faut prendre des mesures préventives lorsque des données montrent qu'un agent potentiellement pathogène est transmis par le sang ou peut l'être, même si l'on ne dispose d'aucune preuve que des receveurs ont été infectés. Si un incident néfaste peut se produire, il faut présumer qu'il se produira. S'il n'existe aucune mesure qui puisse empêcher complètement la transmission du pathogène en cause, il faut prendre des mesures qui ne préviendront peut-être que partiellement la transmission de cet agent."

Bien qu'il n'existe encore aucune preuve scientifique et épidémiologique de transmission par le sang de la nouvelle variante de la maladie de Creutzfelt-Jacob, une quarantaine de cas de cette maladie ont été recensés au Royaume-Uni et un en France. La nouvelle variante de la maladie de Creutzfelt-Jacob (nvMCJ), généralement reconnue comme une maladie à prion (protéine infectieuse), est une maladie dégénérative du cerveau et toujours fatale. Découverte en 1996, la nvMCJ serait causée par l'exposition de l'humain à la "maladie de la vache folle" ou l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

HÉMA-QUÉBEC et l'Association des bénévoles du don de sang invitent la population à continuer de donner du sang. Les deux organismes collaborent étroitement à l'organisation de collectes de sang au Québec, afin de maintenir la réserve de sang à un niveau adéquat pour pourvoir aux besoins des patients dans les hôpitaux du Québec.

Annuellement, environ 1 900 collectes de sang sont tenues à travers la province afin que puissent être acheminés les 450 000 composants sanguins nécessaires aux patients dans les hôpitaux. Pour atteindre ces objectifs, HÉMA-QUÉBEC compte sur la participation des donneurs et la collaboration de quelque 25 000 bénévoles. HÉMA-QUÉBEC a pour mission de fournir à la population québécoise des composants, des dérivés et des substituts sanguins sécuritaires, de qualité optimale et en quantité suffisante pour répondre aux besoins des hôpitaux, et d'offrir une expertise reconnue et des services spécialisés en immunohématologie.

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