Semaine nationale du don d’organes et de tissus – Le CHUM et Héma-Québec font équipe pour augmenter le nombre de donneurs de tissus humains

Montréal, le 26 avril 2019 – Consentir au don d’organes pour sauver des vies, c’est aussi consentir à donner ses tissus pour améliorer la qualité de vie de bon nombre de personnes. La Semaine nationale du don d’organes et de tissus, qui se déroule jusqu’au 27 avril, est l’occasion pour Héma-Québec et le CHUM de souligner leurs efforts conjoints en vue d’augmenter le nombre de dons de tissus humains et d’en expliquer l’importance.

Depuis mai 2018, le CHUM et Héma-Québec ont revu leurs processus d’identification et de recommandation pour les donneurs potentiels de tissus humains. Toutes les démarches sont désormais concentrées au bureau de la gestion des décès de l’établissement et le personnel a suivi une formation spécifique. Sur une base annuelle, cette initiative, unique au Québec, a eu pour effet de générer une hausse de 182 % du nombre de candidatures potentielles (recommandations) au sein du centre hospitalier montréalais.

Le don de tissus humains : la vie en héritage

Encore largement méconnu dans la population québécoise, le don de tissus humains permet d’améliorer la qualité de vie de 20 personnes, malades ou accidentées, ayant besoin d’une greffe.

Experte en produits biologiques d’origine humaine, Héma-Québec agit notamment à titre de fournisseur de tissus humains destinés à la greffe (dont les greffons cutanés, les tissus cardiovasculaires et musculosquelettiques, tels que les tendons et les os), puis les rend disponibles aux centres hospitaliers du Québec. Elle effectue par ailleurs le prélèvement et la préparation de tissus oculaires en vue de leur utilisation à des fins de greffe de la cornée. Héma-Québec a pour mission de répondre avec efficience aux besoins de la population québécoise en sang et autres produits biologiques d’origine humaine de qualité.

Cette année, le CHUM souhaite mettre l’accent sur l’importance les greffons cutanés, notamment indispensables pour le traitement des grands brûlés.

Les greffons cutanés

Essentielle, la peau agit comme barrière contre les agressions extérieures et les infections. Elle régularise aussi la température du corps. « La gravité d’une brûlure de la peau dépend de sa profondeur, de son étendue, de l’importance des lésions provoquées et de la partie touchée. Il peut s’agir de brûlures thermiques, de brûlures électriques, de brûlures chimiques ou de brûlures radioactives », explique Dr Ali Izadpanah, directeur de la chirurgie à l’Unité des grands brûlés du CHUM. Le traitement des brûlures sévères (2e degré profond et 3e degré) peut se faire de différentes façons avec des greffons cutanés : l’autogreffe et l’homogreffe.

Lors de l’autogreffe, la peau est prélevée sur le corps du brûlé et réinstallée sur l’endroit atteint. Cette technique est toutefois limitée chez les patients dont la surface corporelle est brûlée à plus de 50 % ou chez des patients qui ont des plaies difficiles à guérir, chez les diabétiques, par exemple.

La solution devient alors l’homogreffe, c’est-à-dire une greffe avec la peau d’une autre personne. Le CHUM se procure les greffons cutanés auprès de la banque centrale d’Héma-Québec. Dans le cas de brûlure de 4e degré, l’amputation est nécessaire car les tissus sont détruits et les os n’ont plus de vitalité. Les greffes de peau sont alors nécessaires pour la guérison des plaies. Les homogreffes servent de pansements biologiques et tombent au bout de quelques semaines en attendant que l’on puisse utiliser la peau du patient. La chirurgie esthétique devient ensuite l’alternative pour rendre les plaies moins visibles.

Techniques de prélèvement, d’analyse et de greffe

La peau est prélevée du corps de la personne décédée dans les laboratoires d’Héma-Québec. Toutes les analyses nécessaires pour en assurer la qualité du greffon sont effectuées. Les échantillons sont scellés sous vide et congelés à - 80 0 C. Les greffons sont dégelés avant l’opération. Le chirurgien enlève la peau brûlée (débride) et nettoie la zone qui recevra ce pansement biologique. La peau est percée comme un filet et étirée afin de recouvrir les plaies. Agrafes, fils et colle biologique relient les fragments. Il va sans dire que les greffons cutanés sont essentiels à la guérison des victimes de brûlures sévères ou de personnes amputées.

« En 2012, j’avais 28 ans et j’ai frôlé la mort. En fait, j’ai reçu une importante décharge électrique entraînant des brûlures au 3e et 4e degré sur 52% de ma surface corporelle. Les greffons cutanés provenant de donneurs ont été essentiels pour ma condition. J’ai subi une multitude de chirurgies, un grand nombre d’homogreffes bien sûr, mais aussi la reconstruction de ma main droite. J’ai passé trois mois au CHUM- Hôtel-Dieu et terminé ma réadaptation à la Villa Médica. », raconte Simon Bessette, aujourd’hui âgé de 35 ans.

« Aujourd’hui, je fais du ski et du vélo, je danse, je partage de bonnes bouffes en bonne compagnie et je travaille sur mille projets. J’étudie en agronomie à l’Université Laval. Lorsque je raconte mon histoire, le sourire des gens me montre bien à quel point mon histoire les inspire. Ma vie valait la peine d’être sauvée ! Chaque jour, je suis infiniment reconnaissant tant à l’homme qui m’a porté secours, à toute l’équipe médicale et aux donneurs. Merci de manifester officiellement votre volonté à donner vos organes et tissus à votre décès, c’est un geste généreux et essentiel pour sauver d’autre vie ! », termine Simon Bessette, aujourd’hui âgé de 35 ans.

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Pour en savoir davantage sur le don de tissus humains et comment signifier son consentement, visitez le site Web d'Héma-Québec au www.hema-quebec.qc.ca, section Tissus humains.

Renseignements et coordination des entrevues :

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