Dr Vincent Laroche le sang : une ressource rare et précieuse

Entre les donneurs de produits sanguins et ceux qui en reçoivent, il y a évidemment Héma-Québec, mais également les centres hospitaliers et leur banque de sang. Quelle signification revêt le don de sang pour un médecin hématologue, de surcroît directeur de banques de sang ? « Le don de sang pour nous, c’est un trésor. Quand on se compare, on se rend compte à quel point nous sommes chanceux, ici, au Québec. Il est extrêmement rare que des traitements soient reportés ou annulés parce que l’on manque de produits sanguins. Aux États-Unis, par exemple, dans beaucoup d’endroits, des chirurgies planifiées sont reportées en raison d’un manque de produits sanguins. Une des raisons qui explique cette situation est évidemment la générosité des donneurs d’ici », explique Dr Vincent Laroche.

Des demandes en produits sanguins, le Dr Laroche en gère beaucoup. Responsable des banques de sang des centres hospitaliers Saint-Sacrement, Laval et de l’Enfant-Jésus, à Québec, il doit subvenir à de nombreux besoins dans le cadre des activités courantes de ces établissements. L’Hôpital Laval est l’un des plus gros centres de chirurgie cardiaque au pays et la majorité des chirurgies requièrent l’administration de produits sanguins pour que les patients aient une évolution post-opératoire plus favorable et une récupération plus rapide. L’Hôpital Saint-Sacrement dispose d’une importante clinique en oncologie et est un des principaux acteurs au pays pour le traitement du cancer du sein, qui souvent va nécessiter l’administration de transfusions à cause des effets des médicaments. L’Hôpital de l’Enfant-Jésus, est le centre universitaire d’hématologie et de greffe de moelle osseuse, un important centre de traumatologie, de chirurgie orthopédique, en plus d’être le centre de l’hémophilie pour tout l’Est du Québec.

« Nous gérons une ressource qui est rare et précieuse. Nous voulons la préserver et nous faisons beaucoup d’efforts en ce sens. Nous tentons de le rappeler aux personnes qui ne sont pas dans la gestion de produits sanguins au quotidien, car il est facile de l’oublier », explique le Dr Laroche.

Or, si aucune pénurie n’est survenue depuis la création d’Héma-Québec, en 1998, ce n’était pas le cas par le passé. « Il y a de mes collègues plus âgés qui ont vécu des périodes où ils avaient à tous les jours à gérer avec les chirurgiens et anesthésistes quelles interventions ils allaient prioriser. Nous ne vivons plus cela au quotidien. Nous recevons les commandes de nos services et nous appelons Héma-Québec. On a en général un service qui est extraordinaire », précise-t-il.

Les équipes des banques de sang répartis dans l’ensemble du réseau hospitalier agissent ainsi en gardiens de la ressource précieuse qu’est le sang. « Un système de gestion est en place et une importance croissante est accordée à la conservation des produits sanguins, explique le Dr Laroche. Nous allons voir nos collègues pour leur demander : êtes-vous sûrs que nous avons besoin d’utiliser tel produit ou d’en utiliser autant ? Nous déployons beaucoup d’efforts pour que les gens se questionnent en vue d’une utilisation optimale des produits sanguins. Toute la motivation vient du fait que l’on veut être sûr que l’on a toujours du sang pour les cas où on en a besoin. »

Les composants sanguins issus du don de sang sont des ressources vitales, mais aussi périssables. Leur durée de conservation limitée, notamment celle des plaquettes, rend le défi de l’approvisionnement en sang encore plus important. « Le don de sang a une durée de vie qui est déterminée. Il faut s’assurer que l’on gère notre stock de produits sanguins de façon à ne pas perdre de produits qui vont passer leur temps de péremption. Ça nécessite un travail constant sur notre inventaire », explique le Dr Laroche. Cette préoccupation va au-delà des limites de chaque établissement. Les centres hospitaliers d’une région peuvent à l’occasion échanger entre eux des produits sanguins.

Au-delà de ces réalités quotidiennes propres à la gestion d’une banque de sang, le Dr Laroche lance un coup de chapeau aux donneurs. « Il arrive parfois des situations où nous sommes mal pris, que nous appelons et faisons la commande auprès d’Héma-Québec pour un produit sanguin spécifique. Dans un délai relativement court, nous sommes en mesure de subvenir au besoin du patient grâce à des gens qui vont se déplacer. À chaque fois, c’est fascinant de voir qu’un donneur accepte de se déplacer, malgré ses autres obligations, à une journée d’avis, un soir, une fin de semaine, pour aller donner pour une personne en particulier. Les donneurs sont vraiment engagés. », conclut-il.

Témoignages des ambassadeurs du don de sang

Jérémy Plourde
RECEVEUR
Toute sa vie, le petit Jérémy aura besoin de recevoir un produit sanguin de façon régulière.
Il est et restera tributaire des services d’Héma-Québec. Pourtant, rien ne le démoralise, rien n’altère sa force de vivre.
Jonas Germana
DONNEUR
Il aura fallu à Jonas Germana, l’organisation d’une collecte de sang sur son lieu de travail pour qu’il effectue son premier don de sang. Le jour même où avait lieu la collecte, une collègue de travail impliquée dans l’organisation de l’événement lui avait alors demandé s’il désirait participer et ainsi contribuer à sauver des vies. C’était le 31 mai 2006.
Michel Thérien
DONNEUR
Il y a déjà quelques années que Michel Thérien attire l’attention en raison de son impressionnante carrière de donneur de produits sanguins. Déjà en 2002, le magazine Sélection du Reader’s Digest lui avait consacré un article dans ses pages. Le magazine l’avait rencontré alors qu’il procédait à son 650e don, ce qui lui valait déjà le titre de plus grand donneur d’Héma-Québec. Ses performances ont par la suite fait l’objet de reportages dans les pages du Soleil, de même que sur les ondes de Radio-Canada, lors d’une édition de la Journée mondiale du don de sang. Michel Thérien a maintenant franchi le cap des 925 dons.
Nathalie Blanchette
COMITÉ ORGANISATEUR
On ne dira jamais assez à quel point le travail des bénévoles est essentiel à la réalisation de la mission d’Héma-Québec. C’est grâce à leur dévouement et à leur grand sens du partage si plus de 2 000 collectes mobiles sont organisées chaque année sur l’ensemble du territoire de la province. C’est aussi grâce à leur mobilisation qu’Héma-Québec est en mesure de répondre aux besoins des centres hospitaliers en produits sanguins et ainsi améliorer la qualité de vie de nombreux patients.
Hélène Darby
BÉNÉVOLE
Héma-Québec peut compter, depuis sa création en 1998, sur l’apport de l’Association des bénévoles du don de sang (ABDS), un regroupement représentant les donneurs et bénévoles du sang de tout le Québec, avec des ramifications dans 12 régions. Hélène Darby en est la présidente depuis 2005. À titre de présidente de l’ABDS, madame Darby est également membre du conseil d’administration d’Héma-Québec.
Dr Vincent Laroche
PARTENAIRE HOSPITALIER
Entre les donneurs de produits sanguins et ceux qui en reçoivent, il y a évidemment Héma-Québec, mais également les centres hospitaliers et leur banque de sang. Quelle signification revêt le don de sang pour un médecin hématologue, de surcroît directeur de banques de sang ? « Le don de sang pour nous, c’est un trésor. Quand on se compare, on se rend compte à quel point nous sommes chanceux, ici, au Québec. Il est extrêmement rare que des traitements soient reportés ou annulés parce que l’on manque de produits sanguins. Aux États-Unis, par exemple, dans beaucoup d’endroits, des chirurgies planifiées sont reportées en raison d’un manque de produits sanguins. Une des raisons qui explique cette situation est évidemment la générosité des donneurs d’ici », explique Dr Vincent Laroche.